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Marketing

Marketing en PME : ce qui a vraiment changé et ce qu’il faut revoir

Cookies tiers, contenus écrits avec l’IA, arguments écologiques, images générées : les changements vérifiés qui touchent le marketing d’une PME, et ce que vous pouvez revoir dès cette semaine.

Par Équipe FormezVoo··Mis à jour le
Le hibou FormezVoo, couverture de l’article « Marketing en PME : ce qui a vraiment changé et ce qu’il faut revoir »

Quand une PME reprend son plan marketing, elle entend tout et son contraire. Les cookies seraient morts, l’IA écrirait tout à votre place, il faudrait « être authentique » sans que personne ne dise ce que cela veut dire un lundi matin. Pendant ce temps, des règles bien réelles ont bougé, et elles touchent votre bannière de cookies, vos arguments écologiques et les visuels que vous publiez.

Cet article fait le tri. Pour chaque sujet : ce qui a changé, preuve à l’appui, ce que cela implique pour une petite structure, et ce que vous pouvez revoir dès cette semaine. À la fin, un audit d’une heure pour passer à l’action.

Les cookies tiers existent toujours, mais ne bâtissez rien dessus

Pendant cinq ans, on a annoncé la disparition des cookies tiers dans Chrome. Elle n’aura pas lieu. En avril 2025, Google a annoncé qu’il gardait le fonctionnement actuel (l’utilisateur règle lui-même ses cookies dans les paramètres) et qu’il renonçait à une nouvelle fenêtre de choix. En octobre 2025, il a abandonné la plupart des technologies « Privacy Sandbox » qui devaient les remplacer. Safari, de son côté, bloque par défaut tous les cookies tiers depuis mars 2020.

Pour une PME, la conclusion tient en deux points :

  • Le reciblage publicitaire reste possible, mais il dépend du consentement de l’internaute et il ne touche pas une partie de vos visiteurs (ceux qui refusent, ceux qui naviguent sur Safari).
  • Les informations que vos clients vous donnent eux-mêmes valent davantage : une inscription à votre lettre d’information, une réponse à un questionnaire, une demande de devis détaillée. Le marketing appelle cela « zero-party data ». Le mot est récent, l’idée est simple : posez la bonne question, puis servez-vous de la réponse.

Côté règles, la CNIL demande que refuser les cookies soit aussi simple que les accepter. Le moyen qu’elle cite : un bouton « Tout refuser » au même niveau et sous la même forme que « Tout accepter ». Pour l’e-mailing, le consentement préalable est la règle avec les particuliers. Avec des professionnels, vous pouvez écrire sans consentement préalable si le message concerne leur métier, à condition de les avoir informés et de leur permettre de refuser simplement.

À revoir cette semaine

  1. Ouvrez votre site sur votre téléphone, en navigation privée : le refus des cookies se fait-il en un clic ?
  2. Listez les endroits où un prospect vous donne une information (formulaire, devis, salon, appel entrant) et notez ce que vous en faites ensuite. Là où la réponse est « rien », vous perdez des ventes.
  3. Ajoutez une seule question utile à votre formulaire principal, par exemple « Pour quand avez-vous besoin de cette intervention ? » ou « Qu’est-ce qui vous a décidé à nous écrire ? ».

Contenus écrits avec l’IA : Google juge le résultat, pas l’outil

Google l’a écrit dès février 2023 : ses systèmes cherchent à récompenser le contenu original et de qualité, quelle que soit la façon dont il est produit. Utiliser l’automatisation d’abord pour manipuler le classement relève en revanche du spam. Son guide sur le contenu pensé pour les lecteurs pose des questions très concrètes. Le contenu apporte-t-il une information, une analyse ou une expérience originale ? Va-t-il au-delà de l’évidence ? Le lecteur aurait-il envie de le garder ou de l’envoyer à un collègue ?

Le vrai risque, c’est le texte que n’importe quel concurrent obtient avec la même consigne. Si votre article « bien choisir sa pompe à chaleur » ressemble à celui des dix sites suivants, il n’a aucune raison d’être mieux classé, ni d’être lu jusqu’au bout.

Ce qui rend un contenu difficile à copier, c’est ce que vous êtes seul à savoir :

  • les questions que vos clients posent vraiment, avec leurs mots ;
  • les erreurs que vous voyez sur le terrain et ce qu’elles leur coûtent ;
  • vos ordres de grandeur (délais, saisonnalité, cas les plus fréquents) quand vous pouvez les publier ;
  • des photos de vrais chantiers, de vrais produits, de votre équipe au travail.

Une méthode qui fonctionne en petite équipe : vous dictez la matière brute au téléphone pendant dix minutes, l’IA vous aide à la structurer, puis vous relisez en supprimant chaque phrase qui pourrait figurer telle quelle sur le site d’un concurrent.

« Écologique », « durable », « responsable » : des mots à prouver

La directive européenne 2024/825 durcit les règles sur les allégations environnementales. Elle interdit notamment les allégations génériques (« écologique », « respectueux de l’environnement ») qu’on ne peut pas appuyer sur une performance environnementale excellente et reconnue, les labels qui ne reposent pas sur un système de certification, et le fait d’affirmer qu’un produit a un impact neutre sur le climat grâce à la compensation carbone. Les États membres devaient appliquer leurs textes de transposition à partir du 27 septembre 2026.

En France, à la date de rédaction de cet article (octobre 2026), le projet de loi de transposition n’était pas encore adopté. Attendre serait pourtant une erreur : une allégation écologique trompeuse peut déjà être sanctionnée comme pratique commerciale trompeuse, et la DGCCRF rappelle que la directive reprend largement des règles posées par les lois françaises AGEC (2020) et Climat et résilience (2021).

Formulation à risqueFormulation vérifiable
« Des produits éco-responsables »« Nos lessives sont fabriquées dans notre atelier et vendues en recharge de 5 litres »
« Livraison neutre en carbone »« Nous livrons à vélo cargo dans un rayon de 8 km autour de la boutique »
« Une entreprise engagée pour la planète »« Quand la pièce existe, nous réparons l’appareil au lieu de proposer un remplacement »

La règle à retenir : si vous ne pouvez pas montrer la preuve au client qui la demande, retirez la phrase.

Images et voix générées : signaler ce qui pourrait passer pour vrai

Depuis le 2 août 2026, l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle s’applique. Une entreprise qui diffuse une image, un son ou une vidéo générés ou modifiés par IA, qui ressemblent à de vraies personnes, de vrais lieux ou de vrais événements et pourraient passer pour authentiques (un « hypertrucage »), doit indiquer qu’ils sont artificiels. Les plateformes vont dans le même sens : TikTok exige d’étiqueter les contenus générés ou fortement modifiés qui montrent des personnes ou des scènes réalistes. Et si vous rémunérez un créateur de contenu, la loi du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale impose d’afficher l’intention commerciale et la mention « Images virtuelles » quand un visage ou une silhouette est produit par IA.

En pratique, une illustration clairement dessinée ne pose pas de difficulté. Une photo d’équipe « complétée » avec des personnes qui n’existent pas, un visage généré présenté comme celui d’un client, une voix clonée dans une publicité : là, vous devez le signaler. Et le jour où un client le découvre sans l’avoir lu, la confiance est perdue pour longtemps.

Sur les réseaux, le contenu compte plus que le nombre d’abonnés

Instagram et TikTok montrent désormais une grande partie des contenus à des personnes qui ne suivent pas le compte. TikTok l’écrit noir sur blanc : ni le nombre d’abonnés ni les succès passés d’un compte ne sont des facteurs directs de recommandation, et le fait de regarder une vidéo longue jusqu’au bout pèse plus lourd qu’un signal faible. Instagram indique qu’un nouveau reel est d’abord proposé à une petite audience, et recommande de publier du contenu original, sans le filigrane d’une autre application.

Pour une PME, une petite communauté n’est donc pas un handicap. Une vidéo utile à vos clients peut toucher des gens qui ne vous connaissent pas, à condition qu’elle soit regardée. À l’inverse, reposter la vidéo d’un fournisseur ou reprendre une tendance sans rapport avec votre métier ne vous apporte rien.

Les compétences à remettre à jour

Ces changements dessinent un profil assez précis pour la personne qui s’occupe du marketing, qu’elle soit dirigeante, salariée ou seule à tout faire :

  • Collecter et exploiter ses propres données : formulaires, fichier clients (un tableur bien tenu suffit pour commencer), segmentation simple de la liste de contacts.
  • Écrire avec l’IA sans écrire comme l’IA : fournir la matière, relire, couper, vérifier chaque fait.
  • Connaître les règles de base : consentement aux cookies, prospection par e-mail, allégations environnementales, transparence sur les contenus générés.
  • Travailler avec les commerciaux : les questions et objections entendues en rendez-vous sont la meilleure source de contenus. Quinze minutes par mois entre marketing et vente suffisent à remplir un trimestre de publications.
  • Lire ses statistiques : savoir quelle publication a amené une demande de devis, et arrêter celles qui n’amènent rien.

Exercice : l’audit marketing d’une heure

  1. 10 minutes : testez votre bannière de cookies et votre formulaire de contact sur téléphone.
  2. 15 minutes : relisez votre page d’accueil et vos fiches produits. Surlignez chaque « écologique », « durable », « naturel » ou « responsable ». Pour chacun, notez la preuve ou supprimez le mot.
  3. 15 minutes : reprenez votre dernier article ou votre dernier post. Soulignez les phrases que seule votre entreprise pouvait écrire. S’il y en a moins de trois, réécrivez-le à partir d’un vrai dossier client, anonymisé.
  4. 10 minutes : passez en revue vos visuels générés par IA. Si l’un d’eux peut passer pour une vraie photo de personne ou de lieu, ajoutez une mention.
  5. 10 minutes : demandez à vos commerciaux les trois questions qu’ils ont le plus entendues ce mois-ci. Ce sont vos trois prochains contenus.

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