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Gestion du temps

Gestion de l’énergie au travail : organiser sa journée selon sa forme

Repérer vos moments de forme, placer les tâches exigeantes au bon endroit, faire de vraies pauses : une méthode simple, appuyée sur ce que la recherche a réellement mesuré.

Par Équipe FormezVoo··Mis à jour le
Le hibou FormezVoo, couverture de l’article « Gestion de l’énergie au travail : organiser sa journée selon sa forme »

Votre agenda de mardi est parfait sur le papier : réunion d’équipe à 9 h, appels clients jusqu’à midi, et de 14 h à 16 h, un créneau bloqué pour écrire la proposition commerciale la plus importante du mois. À 14 h 30, vous relisez le même paragraphe pour la quatrième fois. Le temps était là. L’énergie, non.

Gérer son temps reste utile : sans agenda ni priorités, rien ne tient. Mais deux heures ne se valent pas selon le moment de la journée, la tâche qui précède et l’état dans lequel vous arrivez. Gérer son énergie, c’est ajouter cette question à votre organisation : à quel moment suis-je en état de faire ce travail-là ? Voici ce que la recherche permet d’affirmer, ce qui relève du mythe, et une méthode à tester sur une semaine.

Ce qui est établi

Nous n’avons pas tous la même horloge

Presque toutes les fonctions de l’organisme suivent des rythmes d’environ 24 heures. L’Inserm rappelle que les personnes diffèrent par leur « chronotype » : certaines sont plutôt du matin, d’autres plutôt du soir, la plupart entre les deux. Imposer à tous les mêmes heures de concentration revient à placer une partie de l’équipe dans son moment le moins favorable.

Le creux du début d’après-midi est réel

La baisse de vigilance du milieu d’après-midi ne vient pas seulement du repas. Les travaux résumés par Timothy Monk (2005) montrent que, chez certaines personnes et pour certaines tâches, elle apparaît même sans déjeuner et sans savoir l’heure : elle fait partie du rythme biologique. Un déjeuner riche en glucides l’accentue. Le créneau de 14 h à 16 h de l’exemple tombait donc à un moment défavorable pour beaucoup de gens.

Changer de tâche coûte du temps

Les expériences de Rubinstein, Meyer et Evans (2001) montrent que passer d’une tâche à une autre entraîne un temps de reconfiguration, plus long quand les tâches sont complexes ou peu familières. Une heure hachée par des e-mails et des messages produit moins qu’une heure continue, même si l’agenda affiche la même durée.

Les micro-pauses aident à se sentir moins fatigué

Une méta-analyse de 22 études (Albulescu et al., 2022) a examiné les pauses de dix minutes ou moins. Elles augmentent la vitalité et réduisent la fatigue, avec des effets modestes. Sur la performance, l’effet global n’est pas significatif : il apparaît surtout pour les tâches peu exigeantes, et les pauses plus longues aident davantage. Après un travail intellectuel intense, dix minutes ne suffisent souvent pas.

Ce qui relève de l’image plus que de la preuve

  • Les « cycles de 90 minutes ». Le chercheur Nathaniel Kleitman a proposé l’hypothèse d’un cycle repos-activité d’environ 90 minutes, observé dans le sommeil, qui se prolongerait pendant l’éveil. C’est une hypothèse, et la durée varie selon les personnes. Prenez-la au mieux comme un ordre de grandeur pour la longueur d’un bloc de travail.
  • Les « quatre réservoirs d’énergie » (physique, émotionnelle, mentale, spirituelle). Ce cadre vient du livre de Jim Loehr et Tony Schwartz et d’un article de Tony Schwartz et Catherine McCarthy dans la Harvard Business Review (2007). C’est une grille de réflexion issue de la pratique de ses auteurs, utile pour s’interroger, sans valeur de modèle scientifique.

La méthode en quatre étapes

1. Observer pendant cinq jours

Toutes les deux heures, notez votre niveau d’énergie de 1 à 5 et ce que vous étiez en train de faire. Une ligne suffit : « 10 h, 4, appels clients ». Au bout d’une semaine, vous voyez apparaître vos créneaux forts et vos creux. Les résultats surprennent souvent : beaucoup de personnes découvrent que leur meilleur moment n’est pas celui qu’elles croyaient.

2. Classer vos tâches en trois familles

  • Les tâches de fond : rédiger, analyser, préparer un rendez-vous important, résoudre un problème.
  • Les tâches relationnelles : appels, réunions, entretiens.
  • Les tâches mécaniques : saisie, classement, e-mails simples, relances standard.

3. Placer chaque famille au bon moment

  • Réservez un ou deux blocs de 60 à 90 minutes par jour aux tâches de fond, sur vos créneaux forts, et protégez-les dans l’agenda comme un rendez-vous.
  • Gardez les tâches mécaniques pour les creux, en particulier le début d’après-midi.
  • Regroupez les e-mails et messages sur deux ou trois moments fixes au lieu d’y répondre au fil de l’eau.

Dans l’exemple du début, la proposition commerciale passe à 9 h, la réunion d’équipe à 11 h 30, les appels en fin de matinée et le classement à 14 h.

4. Faire de vraies pauses

Une pause où vous lisez vos messages professionnels sur votre téléphone n’en est pas une. Levez-vous, marchez, regardez au loin, parlez d’autre chose. Prévoyez une courte pause après chaque bloc de travail de fond, et une coupure plus longue après une matinée intense. Quand la fatigue vient surtout de la tension, apprenez à faire redescendre le stress en deux minutes.

Le soir et le sommeil

L’énergie du matin se prépare la veille. L’Inserm recommande des horaires de sommeil réguliers, de réduire le temps passé devant les écrans, de les sortir de la chambre et d’arrêter de les utiliser au moins une heure avant de dormir. Le même dossier précise que la lumière du matin avance l’horloge biologique et que la lumière tardive la retarde. Une marche dehors en début de journée aide donc davantage qu’un écran tard le soir.

Si vous managez une équipe

  • Protégez des plages sans réunion, par exemple deux matinées par semaine, pour que chacun puisse placer ses tâches de fond.
  • Évitez les réunions importantes en tout début d’après-midi quand vous pouvez choisir.
  • Différez vos envois du soir : la fonction d’envoi programmé d’Outlook ou de Gmail fait partir le message à 8 h 30 le lendemain. Un e-mail reçu à 22 h crée une attente, même si vous n’en avez aucune.
  • Connaissez le cadre légal : l’article L2242-17 du Code du travail inscrit le droit à la déconnexion dans la négociation sur la qualité de vie au travail. À défaut d’accord, l’employeur élabore une charte après avis du comité social et économique.

Les erreurs fréquentes

  • Copier l’emploi du temps d’un autre. Le « lever à 5 h » ne convient qu’à ceux dont l’horloge s’y prête.
  • Remplir les créneaux forts avec des réunions parce que ce sont les seules plages libres de tout le monde.
  • Compenser la fatigue par du temps en plus. Rester une heure de plus le soir sur un dossier difficile donne rarement une heure de travail utile.

L’exercice de la semaine

Recopiez cette grille et remplissez-la pendant cinq jours :

HeureÉnergie (1 à 5)Tâche en coursFamille (fond, relation, mécanique)
8 h
10 h
12 h
14 h
16 h
18 h

Vendredi, repérez vos deux meilleurs créneaux et bloquez-les la semaine suivante pour vos tâches de fond. Comparez ensuite ce que vous avez produit dans ces blocs avec une semaine ordinaire.

La formation à la gestion du temps travaille l’organisation des priorités et de l’agenda. La formation consacrée à l’alimentation et à la productivité aborde un autre facteur de l’énergie au travail, et celle sur le bien-être au travail traite de la charge et de la récupération.

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